Emmanuelle Blanc

Cartographie d’une extrême occupation humaine | Haute-Savoie

Ce qui frappe tout d’abord dans les photographies d’Emmanuelle Blanc, ce sont les forêts, les chutes d’eaux et les chaînes de montagnes dans lesquelles on peut voir exposées des strates de roches sédimentaires. Chaque couche est composée de différents dépôts qui se sont formés il y a plus d’un million d’années. Toutefois, si l’on regarde ces images de plus près, on peut y voir des ajouts plus récents, notamment des poteaux électriques et des câbles qui traversent le territoire. Ces traces ont gagné un nom dans notre nouvel âge géologique : on les appelle des traces anthropogéniques. Cette nouvelle ère est définie par l’impact humain sur la terre depuis l’avènement de la Révolution industrielle, et notamment l’électrification. Le système de transmission électrique français est le plus grand d’Europe et relie le pays à ses voisins au sein du système de synchronisation des réseaux d’Europe continentale. Ce système traverse les frontières nationales pour fournir de l’électricité à vingt-quatre pays. Les photographies d’Emmanuelle Blanc suggèrent d’une manière subtile que les Alpes possèdent leur propre pouvoir et leur propre temporalité, bien au-delà de la nature transitoire du temps humain, et que les humains finiront par ne constituer qu’une strate parmi d’autres au sein de la formation rocheuse.